“Cher client,
Vous trouverez ci-joint un remplacement pour la boite rouge défectueuse que vous avez acquise chez nous.”
“Cher client,
Vous trouverez ci-joint un remplacement pour la boite rouge défectueuse que vous avez acquise chez nous.”
(inspiré par l’article Le phénomène Babel : Mords le têtard ciré! et autres slogans publicitaires sur le Cercle de la connaissance inutile)
Express musical :
Nico était musicienne, actrice et mannequin. Née Christa Päffgen, elle a adopté le prénom du réalisateur Nico Papatakis. Name-dropping : elle a collaboré au cours de sa carrière avec les Warhol, Velvet Underground, Gainsbourg, Dylan. Elle a eu un fils avec Alain Delon.
D’abord héroïnomane, elle gagne le combat contre la drogue, pour finir la tête bêtement fracassée contre un trottoir (accident de vélo). Y’a des claques qui se perdent !
Suivant une proposition de découverte par Térez Montcalm l’an dernier (circa son dernier avec la reprise de Sweet Dreams de Eurythmics), j’étais tombé sur le premier album de Molly Johnson. Mis-à-part la délicate participation de Stéphane Grapelli, je n’en avais pas fait de cas à l’époque. Fast-Forward jusqu’en 2007, voici qu’avec If You Know Love elle refaçonne quelques vieux classiques comme Let’s do it et But Not for Me. La pièce Tonight à elle-seule vaut l’achat de la galette selon moi.
Notons l’usage qui est fait de l’orgue. En somme, du réchauffé ? Pas certain. l’album marque définitivement des points.

En 2004, Warner Strategic Marketing, probablement chargée de servir du réchauffé à sa clientèle pour faire davantage d’argent sur le dos des gens qui avaient déjà acheté les huit-pistes et les trente-trois tours originaux, a fait fausse route en ne lui livrant pas uniquement que des séquences remasterisées. Les hippies qui ont survécu aux années soixante peuvent en effet se procurer aujourd’hui l’album éponyme Paul Simon, sur lequel se trouvent des enregistrements inédits (démo et prises secondaires).
Duncan est une splendide chanson triste. L’usine qui ferme en décembre, un hiver qui bat des records par l’intensité de son froid, des âmes qui s’éteignent avant leur heure… Si vous avez déjà fréquenté une communauté de travailleurs de pêche ou de foresterie, où la production fluctue constamment et où les employeurs vont et viennent en fonction de l’humeur du marché, le lyrisme de cette composition vous évoquera peut-être cette difficile réalité.
Tranche de vie : j’ai des souvenirs de mon père jouant ce morceau à la guitare pour m’endormir le soir quand j’avais autour de quatre ans. Il sifflait adroitement les passages dont il ne comprenait pas les paroles, plein de ressources qu’il est.
Les collectionneurs seront heureux d’apprendre que l’album Songbook, datant de 1965 et n’ayant pas été mis en marché en Amérique du nord à l’époque, a aussi été mis en vente au même moment. Vous trouverez sur les deux albums des versions inédites de, entre autres, I am a Rock, The Sound of Silence, et Me and Julio Down by The School Yard.
Avouez qu’il en a de la chance, d’être presque aussi beau que moi.
Dans la lignée des ex-mannequins au nom bizarre et au visage adorable ayant flirté brièvement avec la carrière d’avocat (on en connaît tellement), vous vous souviendrez de celui-ci : Auteur-compositeur-interprète de talent et pianiste de formation, le type est un hexagonais. Le rapprochement est facile à faire avec Gainsbourg, Montand et Barbara, mais je vous fais confiance pour évaluer l’originalité du choix des mots ainsi que la délicatesse des arrangements.
LES AMOUREUX
Oh je me suis bien foutu d’eux
J’en ai bien ri des amoureux
Quand je les voyais s’embrasser
Des heures entières sans se lasserDes heures entières la bouche pleine
À se donner bien de la peine
Pour ne pas trop être gênés
Par la rencontre de leurs nezJe ris de les voir bouger
Quand au milieu de leurs bouchées
L’envie leur venait de mêler
Leurs regards à la démêléeEt je riais à pleines dents
Devant les leurs se rentrer d’dans
Devant les leurs se rentrer d’dansAh je me suis bien foutu d’eux
J’en ai bien ri des amoureux
Quand je les entendais s’appeler
Par des grotesques sobriquetsMon petit chat, mon chou, ma biche
Mon petit sucre doux, ma quiche
Bref des mots du vocabulaire
Animalier et culinaireJe riais d’entendre leurs voix
Humides (?) et niaises à la fois
Une petite voix sucrée
Pour livrer des propos sacrésEt je riais à grands fracas
En les voyant si délicats
En les voyant si délicatsAh je me suis bien foutu d’eux
J’en ai bien ri des amoureux
Quand je les voyais se quitter
Pour une heure, une éternitéAppelle-moi, appelle vite
Oui, j’appellerai tout de suite
Et les voilà seuls et maussades
Après une ultime embrassadeJe riais de leur inquiétude
À penser que la solitude
Ouvre la porte largement
Aux tromperies et aux amantsJe ris à gorge déployée
Devant les leurs un peu serrées
Devant les leurs un peu serréesQu’ils veuillent bien me pardonner
Ceux dont je me suis tant moqué
J’étais qu’imbécile-heureux
J’étais pas encore amoureuxMaintenant je suis le premier
Pour les baisers longue durée
Et je ne dirai pas le surnom
Auquel aujourd’hui je répondQu’ils veuillent bien me pardonner
Ceux dont je me suis tant moqué
J’étais qu’imbécile-heureux
J’étais pas encore amoureuxMaintenant je suis le premier
De ceux dont on peut se moquer
De ceux dont on peut se moquer
La question cruelle. C’est un peu comme demander à une mère lequel de ses enfants elle aime le plus. Se trouver dans un sous bois-garni de framboises… Choisir la lasagne maison trois-fromages, ou la tourtière du Lac ? Le Shan Li Sin de la dernière récolte, ou le Lung Ching ? Wilde, ou Allan Poe ? Tykwer, ou Arcand ?
Jazz : Baker, ou Armstrong ? Fitzgerald, ou Holiday ? O’Day, ou Lee ? Grapelli ? Miller, ou Krupa ? Tony Scott ? Les Double Six ? Arioli ?
Rock : Dave Matthews, Arcade Fire ou Patrick Watson ?
Chanson Française : Brel, Brassens, Gainsbourg, ou Montand ? Gréco ou Barbara ? Delerm ou Fersen ? Juliette Noureddine ?
Film : Galasso, Preisner, YoYoMa, ou Tiersen ?
“World” : Bashir, Garbarek, Gasparyan, McKennitt, ou Shankar ?
Soft : Ben Harper, Iron & Wine, ou Leonard Cohen ?
Électronique : Ramasutra, ou Thievery Corporation ? Nicolas Repac, Moby, ou DJ Champion ?
Ambiant/Progressif : Goldfrapp, ou Gotan Project ? Massive Attack, ou Arovane ?
Wainwrights : Martha ou Rufus ? Loudon ? Les McGarrigles ?
Icitte : Lapointe, Lhasa, Leloup, Moffatt ou Fringants ?
Non-catégorie : Gerrard & Perry, Björk ou Sigur Ros ?
Jay-Jay Johanson ? Tori Amos ? Kelly Joe Phelps ? Belle & Sebastian ? Madeleine Peyroux ?
PIS FAUDRAIT QUE JE CHOISISSE *UN* DISQUE ???
Cruauté n’a pas meilleure place.