Mon bon ami Thierry, un artiste très talentueux, exposera ses toiles en Septembre lors de l’évènement Orange à Saint-Hyacinthe. J’inclus ici l’article sur lui et son travail paru dans le Soleil du 9 juillet dernier, et quelques images numérisées (Notez que les dessins/toiles montrés ici datent d’il y a quelques années).
Rappelle-toi, Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie, ravie, ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi, Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais, et moi je souriais de même
Rappelle-toi, Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi, rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom, Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie, épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela, Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi, Barbara
N’oublie pas, cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara, quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu, d’acier, de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer, d’acier, de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaîssent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin, très loin de Brest
Dont il ne reste rien
Pendant que vous vaquiez à vos occupations, que vous aviez la tête ailleurs, une femme remarquable s’est éteinte. Pendant que vous étiez aux prises avec des babioles, celles de tous les jours. Pendant que vous pensiez à autre chose — à votre horaire de la semaine, à une promotion, à des choses matérielles — une malade a silencieusement et irrémédiablement cessé de l’être.
Pendant que vous étiez insouciant probablement, pendant qu’une eau irremplaçable s’écoulait sous les ponts, pendant que cette ville imaginaire et assurément éphémère que vous tentez de bâtir à plusieurs se construisait avec des matériaux inégaux, une personne réelle a cessé de respirer. Pendant que s’égrenaient les particules comptées d’un sablier condamné, une de vos proches aurait peut-être aimé passer du temps en votre compagnie. Jamais vous ne le saurez avec certitude, car il est trop tard maintenant pour poser la question.
Les fleurs qui ne seront jamais offertes demeureront à jamais fanées au parterre de vos ambitions. La musique qui ne sera jamais partagée résonnera à jamais entre les cloisons de vos regrets. Les larmes qui sont versées en silence ne trouveront jamais compagnes plus amères.
J’aimerais mentionner, pour la postérité, que les mottons c’est un feature. Merci.