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Vous parcourez présentement les archives des Chroniques du vert ours sous la catégorie 'Entrée du dictionnaire'

De la solide efficacité des écrits de Didier Eribon et de leurs effets soporifiques

Les titres qui se présentent affublés d’articles définis m’ont toujours inspiré davantage de respect que ceux qui ne sont précédés que de simples déterminants.

Dans le cas d’une généralité (ou d’un mot précisé), on croirait pouvoir remplacer les articles définis devant l’énoncé par une structure similaire à :
[L'auteur va parler...]
[L'auteur va monologuer du sujet...]
[L'auteur risque de s'aventurer encore une fois tout seul en parlant...]

Se manifeste donc une formule comme suit :


formulae.inutilitum
{
if mot:'déterminant'
then
proposition:'je l'sais pu'
}

Je suis fiévreux, cela va sans dire. Je retourne me coucher.

Blogosaure

Blogosaure : N. m., Ancien combattant ayant connu les réels balbutiements d’internet (téléchargement en aval de GIFs de femmes tounues en seize couleurs sur BBS avec un modem 1200 bps) et le temps où les MP3s étaient des fichiers, non des lecteurs (fichiers qui étaient accessibles uniquement via FTP, moyennant un système complexe de ratio amont/aval). Sa contribution au contenu du monde de la blogosphère se limite habituellement à chiâler constamment sur la façon dont le code est patenté de nos jours, et à quel point dans son temps tout était tellement optimiser. Il se plaint beaucoup mais ne produit pas grand-chose, on pense que sa marchette lui bloque l’accès au clavier.

Blogooseur

Blogooseur : N. m., contraction du franglais « blogue » et de l’anglais « looser ». Espèce ambiguë d’internautes dont l’insertion dans l’écosystème en-ligne coïncide pour la plupart avec l’arrivée des technologies permettant une diffusion plusse iouseure-frennedlée du contenu, sans égard à sa pertinence ou à sa qualité. Caractérisés par le besoin d’exister le plus possible et de façon anonyme dans un continuum d’espace-temps virtuel, et d’ainsi rendre disponible des images numériques de sculptures de déjections nasales et des recettes de tartes au suque. Communauté composée d’un grand nombre de mamans finies émettrices qui racontent leur promenade au parc de la journée à un public de mamans finies réceptrices (si ces dernières sont absentes, le public est hélas inexistant), de programmeurs web finis en soif d’un médium d’expression avec un impact autre que la construction de feuilles de styles en cascades, et de geeks finis qui, entre deux séances de Donjons et dragons édition cornichons, s’obstinent entre eux sur la fidélité de reproduction des figurines G.I. Joe par rapport à la série, le tout en ordre alphabétique décroissant et en sautillant sur un pied.

Les blogooseurs :

  • Passent moins de temps à socialiser avec les non-blogooseurs (personnes ne blogoosant pas) qu’à retranscrire les conversations avec ces derniers sur leur blogue avec une twist ironique et des détails ajoutés ou augmentés ;
  • Passent davantage de temps à retranscrire les conversations avec les pairs blogooseurs, en raison du souci d’exactitude dans la manière de relater les faits (rien n’indique que la conversation avec le confrère blogooseur ne sera pas retranscrite de son côté à lui) ;
  • Ne voient que très rarement la lumière du jour. Par exemple les moments de dysfonction, où l’ordinateur ne peut être réparé rapidement à domicile (désagrément contourné de plus en plus par l’acquisition d’un deuxième et d’un troisième ordinateur, juste au cas) ;
  • Trahissent leur hystérie lors des pannes d’électricité. Une génératrice leur permet d’alimenter ordinateur, moniteur, modem et routeur, le tout au détriment de leur réfrigérateur, dont la nécessité est somme toute très secondaire. Une panne prolongée les désarçonne, ils sont alors tenus de recourir à des méthodes de communications traditionnelles comme le téléphone, ou pire, un échange direct personne-à-personne.