Informations sur les archives

Vous parcourez présentement les archives des Chroniques du vert ours pour le Tuesday 2 October 2007.

The Musique Chronique Chart

J’ai connu à l’Espéranza/Cagibi la musique de Coco Rosie et celle de Taken by Trees. J’ai connu Paris Combo au Auprès de ma blonde sur Saint-Denis, et sans Google pour faire une recherche des paroles « mais que fait la NASA ? » je n’aurais pas pu savoir qui ils étaient puisque le barman, qui détestait ce qu’ils font, refusait obstinément de satisfaire ma soif d’informations. Et toc.

Au Café de l’apothicaire, Devandra Bernardt, Anthony Hegarty, Camille, Johnny Cash. Au salon de thé Cammelia-Sinensis : Thievery Corporation, Ravi Shankar, Maharaja, Liu Fang, Susheela Raman pour ne nommer que ceux qui me viennent à l’esprit. Aux derniers humains l’excellent Kelly Joe Phelps. Au Vices et versa, The Puppini Sisters. Dans un Renaud-Bray, Fredric Gary Comeau et Regina Spektor, main dans la main. Radiocanne, Arthur H, Susie Arioli, Alexis HK, Ramachandra Borcar, Nicolas Repac, Nathalie Matteau et Yves Desrosiers.

Je regarde la liste, à laquelle devrait logiquement s’annexer les découvertes créditées à des échanges de CDs avec des amis/collègues/connaissances, et je me sens presque un imposteur. Je n’ai rien inventé - mais justement, à ce que je sache personne n’invente rien dans ce domaine, exception faite des musiciens eux-même. Reste que tout le monde découvre. N’est-ce pas là un fabuleux parcours ?

Il m’amuserait de tenter de représenter graphiquement cet arbre de « Qui a découvert quoi grâce à qui/quoi/où/quand », une sorte de version musicale de la « charte » dans The L Word.

J’aimerais également étudier la question du momentum qui semble rendre impossible de retrouver exactement le passage donné qui avait tant marqué lorsqu’une musique a été entendue la première fois. Je suis prêt à parier qu’on parle ici de la même région du cerveau qui est incapable de ne pas traiter l’information perçue (éviter de lire un mot affiché, par exemple). Le sujet d’une soirée complète !

Musique Chronique ~ Israel Kamakawiwo’ole

Facing Future

“IZ” était un musicien hawaîen d’origine qui faisait au bas mot plusieurs centaines de kilos. Il a livré sur l’album Facing Future un splendide medley de Somewhere Over the Rainbow et de What a Wonderful World. À découvrir !

Les vidéoguemmes


Révolue, l’époque où des jeunes passaient des heures à jouer à des jeux vidéo unilingues anglais. En vertu d’une nouvelle entente, tous les jeux vidéo qui franchiront les frontières du Québec seront désormais traduits en français. [source]

Si le jeu est disponible déjà en français, pourquoi pas… mais il faut savoir que plus souvent qu’autrement, la traduction laisse à désirer. Les joueurs francophones jouent à des jeux unilingues anglophones depuis quoi, vingt ou trente ans ? Si je prône l’utilisation du français dans toutes les situations où je considère pertinent de le faire, je me demande si nous mettons vraiment les efforts au bon endroit.

On le saura, l’éditeur manque son coup si le texte présente tous les signes d’avoir été passé dans un traducteur en-ligne automatisé. Quiconque aura subi un film dont la qualité de la trame sonore initiale est excellente comprend le désarroi causé par un mauvais dubbing, quelle qu’en soit la langue. Perdue, l’intensité des propos ; perdues, les blagues dont le sens est intraduisible ; perdu, le diapason original auquel vibrait l’ensemble de l’œuvre tissée par le réalisateur.

Je ne vois là qu’une guerre de principes avec des impacts difficilement quantifiables. Dans un même ordre d’idées, l’office de la langue française « recommande fortement » aux entreprises multimédia de franciser leur logiciels de production. Dans un contexte où les travailleurs évoluent avec les mêmes outils depuis des années, voilà qui peut s’avérer désastreux. Le résultat est trop souvent un monteur vidéo ne sachant plus où sont situés ses outils et filtres habituels dans l’interface de son logiciel, ou un spécialiste de retouche d’image ayant bien du mal à s’orienter avec des menus contextuels en français (allez, pour rire : qu’est-ce que l’intersection avec un masque de fusion ? qu’est-ce que l’écrêtage d’une couche ? si je vous demande d’effectuer le rognage d’un document, vous faites quoi ?)

Courriel, c’est mignon. Téléchargement en amont, ça fait long. Téléchargement en aval, longuet aussi… et ça sonne quattecinqzéro.

Je suis le premier amant et défenseur de la langue française sous toutes ses formes, et le premier qui n’a pas de vie — j’occupe mon temps à repérer des virgules de trop et des erreurs de conjugaison dans les textes des journaux — mais je considère que les efforts et les ressources devraient être mis à des endroits où les impacts seraient sentis davantage. Comme par exemple utiliser les établissements scolaires pour réellement apprendre à lire et à écrire aux générations en cours d’incubation, plutôt que de considérer ces endroits comme des garderies où on les dépose pour la journée (et où ils ont tous la même note parce que tout le monde est fin).

En ce qui concerne les jeux, j’ose espérer que l’arrivée de la ribambelle de titres orientés casual gamers et moins « tire sur tout ce que tu vois, faut que ça explose » nous permettra de voir se lever un jour différent.

Blogosaure

Blogosaure : N. m., Ancien combattant ayant connu les réels balbutiements d’internet (téléchargement en aval de GIFs de femmes tounues en seize couleurs sur BBS avec un modem 1200 bps) et le temps où les MP3s étaient des fichiers, non des lecteurs (fichiers qui étaient accessibles uniquement via FTP, moyennant un système complexe de ratio amont/aval). Sa contribution au contenu du monde de la blogosphère se limite habituellement à chiâler constamment sur la façon dont le code est patenté de nos jours, et à quel point dans son temps tout était tellement optimiser. Il se plaint beaucoup mais ne produit pas grand-chose, on pense que sa marchette lui bloque l’accès au clavier.

Blogooseur

Blogooseur : N. m., contraction du franglais « blogue » et de l’anglais « looser ». Espèce ambiguë d’internautes dont l’insertion dans l’écosystème en-ligne coïncide pour la plupart avec l’arrivée des technologies permettant une diffusion plusse iouseure-frennedlée du contenu, sans égard à sa pertinence ou à sa qualité. Caractérisés par le besoin d’exister le plus possible et de façon anonyme dans un continuum d’espace-temps virtuel, et d’ainsi rendre disponible des images numériques de sculptures de déjections nasales et des recettes de tartes au suque. Communauté composée d’un grand nombre de mamans finies émettrices qui racontent leur promenade au parc de la journée à un public de mamans finies réceptrices (si ces dernières sont absentes, le public est hélas inexistant), de programmeurs web finis en soif d’un médium d’expression avec un impact autre que la construction de feuilles de styles en cascades, et de geeks finis qui, entre deux séances de Donjons et dragons édition cornichons, s’obstinent entre eux sur la fidélité de reproduction des figurines G.I. Joe par rapport à la série, le tout en ordre alphabétique décroissant et en sautillant sur un pied.

Les blogooseurs :

  • Passent moins de temps à socialiser avec les non-blogooseurs (personnes ne blogoosant pas) qu’à retranscrire les conversations avec ces derniers sur leur blogue avec une twist ironique et des détails ajoutés ou augmentés ;
  • Passent davantage de temps à retranscrire les conversations avec les pairs blogooseurs, en raison du souci d’exactitude dans la manière de relater les faits (rien n’indique que la conversation avec le confrère blogooseur ne sera pas retranscrite de son côté à lui) ;
  • Ne voient que très rarement la lumière du jour. Par exemple les moments de dysfonction, où l’ordinateur ne peut être réparé rapidement à domicile (désagrément contourné de plus en plus par l’acquisition d’un deuxième et d’un troisième ordinateur, juste au cas) ;
  • Trahissent leur hystérie lors des pannes d’électricité. Une génératrice leur permet d’alimenter ordinateur, moniteur, modem et routeur, le tout au détriment de leur réfrigérateur, dont la nécessité est somme toute très secondaire. Une panne prolongée les désarçonne, ils sont alors tenus de recourir à des méthodes de communications traditionnelles comme le téléphone, ou pire, un échange direct personne-à-personne.