Musique Chronique - Paul Simon
Thursday, April 26th, 2007
En 2004, Warner Strategic Marketing, probablement chargée de servir du réchauffé à sa clientèle pour faire davantage d’argent sur le dos des gens qui avaient déjà acheté les huit-pistes et les trente-trois tours originaux, a fait fausse route en ne lui livrant pas uniquement que des séquences remasterisées. Les hippies qui ont survécu aux années soixante peuvent en effet se procurer aujourd’hui l’album éponyme Paul Simon, sur lequel se trouvent des enregistrements inédits (démo et prises secondaires).
Duncan est une splendide chanson triste. L’usine qui ferme en décembre, un hiver qui bat des records par l’intensité de son froid, des âmes qui s’éteignent avant leur heure… Si vous avez déjà fréquenté une communauté de travailleurs de pêche ou de foresterie, où la production fluctue constamment et où les employeurs vont et viennent en fonction de l’humeur du marché, le lyrisme de cette composition vous évoquera peut-être cette difficile réalité.
Tranche de vie : j’ai des souvenirs de mon père jouant ce morceau à la guitare pour m’endormir le soir quand j’avais autour de quatre ans. Il sifflait adroitement les passages dont il ne comprenait pas les paroles, plein de ressources qu’il est.
Les collectionneurs seront heureux d’apprendre que l’album Songbook, datant de 1965 et n’ayant pas été mis en marché en Amérique du nord à l’époque, a aussi été mis en vente au même moment. Vous trouverez sur les deux albums des versions inédites de, entre autres, I am a Rock, The Sound of Silence, et Me and Julio Down by The School Yard.