Musique Chronique - Tancrède
Avouez qu’il en a de la chance, d’être presque aussi beau que moi.
Dans la lignée des ex-mannequins au nom bizarre et au visage adorable ayant flirté brièvement avec la carrière d’avocat (on en connaît tellement), vous vous souviendrez de celui-ci : Auteur-compositeur-interprète de talent et pianiste de formation, le type est un hexagonais. Le rapprochement est facile à faire avec Gainsbourg, Montand et Barbara, mais je vous fais confiance pour évaluer l’originalité du choix des mots ainsi que la délicatesse des arrangements.
LES AMOUREUX
Oh je me suis bien foutu d’eux
J’en ai bien ri des amoureux
Quand je les voyais s’embrasser
Des heures entières sans se lasserDes heures entières la bouche pleine
À se donner bien de la peine
Pour ne pas trop être gênés
Par la rencontre de leurs nezJe ris de les voir bouger
Quand au milieu de leurs bouchées
L’envie leur venait de mêler
Leurs regards à la démêléeEt je riais à pleines dents
Devant les leurs se rentrer d’dans
Devant les leurs se rentrer d’dansAh je me suis bien foutu d’eux
J’en ai bien ri des amoureux
Quand je les entendais s’appeler
Par des grotesques sobriquetsMon petit chat, mon chou, ma biche
Mon petit sucre doux, ma quiche
Bref des mots du vocabulaire
Animalier et culinaireJe riais d’entendre leurs voix
Humides (?) et niaises à la fois
Une petite voix sucrée
Pour livrer des propos sacrésEt je riais à grands fracas
En les voyant si délicats
En les voyant si délicatsAh je me suis bien foutu d’eux
J’en ai bien ri des amoureux
Quand je les voyais se quitter
Pour une heure, une éternitéAppelle-moi, appelle vite
Oui, j’appellerai tout de suite
Et les voilà seuls et maussades
Après une ultime embrassadeJe riais de leur inquiétude
À penser que la solitude
Ouvre la porte largement
Aux tromperies et aux amantsJe ris à gorge déployée
Devant les leurs un peu serrées
Devant les leurs un peu serréesQu’ils veuillent bien me pardonner
Ceux dont je me suis tant moqué
J’étais qu’imbécile-heureux
J’étais pas encore amoureuxMaintenant je suis le premier
Pour les baisers longue durée
Et je ne dirai pas le surnom
Auquel aujourd’hui je répondQu’ils veuillent bien me pardonner
Ceux dont je me suis tant moqué
J’étais qu’imbécile-heureux
J’étais pas encore amoureuxMaintenant je suis le premier
De ceux dont on peut se moquer
De ceux dont on peut se moquer