Archive for January, 2007

Musique Chronique - Regina Spektor

Wednesday, January 24th, 2007

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Regina Spektor, issue d’une famille russe d’amoureux de la musique, s’est installée dans le Bronx après avoir parcouru le monde (Italie et Autriche entre autres). Elle est selon moi de ces auteures-compositeurs-interprètes qui font avancer la musique par l’expérimentation et la promotion d’un style personnel, sans toutefois tomber dans le post-moderne difficile à écouter. Les initiés constateront sans doute les influences qu’ont eu Tori Amos et Fiona Apple sur sa musique. Côté voix, la sienne rappelle agréablement celle de Charlyn Marie Marshall (Cat Power). Les passages en français et en russe (et les mots carrément inventés) saupoudrés sur les partitions sont des épices bien choisies.

La demoiselle fait partie de la scène musicale depuis 2001, mais Begin to Hope sorti en 2006 procure une visibilité bien méritée. Je vous conseille de la découvrir avec la pièce Après mois, tiré de ce petit bijou. Si en découvrir davantage vous intéresse, je vous invite à faire une recherche pour la pièce Fidelity sur le site d’archivage de vidéos en-ligne qui a tant fait jaser cette année.

Musique Chronique - VAS, Lisa Gerrard

Wednesday, January 24th, 2007
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J’ai connu cette formation-ci par erreur : en effet, certains habitués de eBay savent qu’un album de VAS, In the Garden of Souls, pose régulièrement en tant que bootleg de Dead Can Dance. L’album plaira à qui aime les percussions et les voix qui donnent des frissons. Splendide musique pour le thé d’après-midi. *Slurp*.

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Je profite de la chronique pour attirer l’attention des gens sur le dernier opus de Lisa Gerrard, “The Silver Tree“. Très ambient, comme l’était “Immortal Memory“, la collaboration avec le britannique Patrick Cassidy. More of the same, semble-t-il, parceque sombre et lugubre, mais tout de même superbe. À noter que l’australienne a mis sur pied un intéressant programme de renouvellement de forêt : pour chaque copie de The Silver Tree vendue, un arbre sera planté. Vous trouverez également sur son site web nouvellement revampé l’information sur le documentaire de Clive Collier “Sanctuary” qui porte justement sur la dame aux cordes vocales d’extra-terrestre. Les artistes sombres et torturés se comprennent bien, font des petits, et nous fascinent par la même occasion.

Volume un

Thursday, January 25th, 2007

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Quel plaisir que celui d’ouvrir un bouquin pour la première fois. L’odeur du livre neuf, de l’encre à l’huile récemment couchée sur le papier… La reliure que l’on lorgne d’un œil amoureux, le doux ruban de satin qui fait office de signet et que l’on caresse tel on le ferait le pétale d’une calendula. Ah, la tranche dorée qui, sans garantir de façon infaillible la richesse et la qualité littéraire, aguiche tout de même les sens et laisse présager le meilleur. Elle se trouve par les pupilles en silence savourée, lorsque les regards détournés en offrent l’opportunité.

À la tranche dorée, peut-être préfèrerez-vous une édition in-octavo, pour laquelle vous prendrez un plaisir divinement pervers à inciser de votre couteau chacune des bordures de pages pour les séparer afin d’en permettre la lecture. Chaque paragraphe est ainsi mérité suite à un duel ; le cavalier en vous a remporté les épreuves, le livre vous accepte. Vous avez mérité le fusionnement du contenu de ses pages avec votre monde intérieur et ses propres interprétations.

On a cru dénoter une inquiétude venant des maisons d’éditions face au phénomène du livre électronique, et également la plus grande facilité à faire le passage de l’information via le Web. Les gens auraient-ils réellement tendance à accepter de faire la lecture sur un moniteur d’ordinateur ou sur un assistant digital quelconque ? Que dorment tranquilles les écrivains, les éditeurs et les imprimeurs. Nul système d’affichage, fut-il composé des cristaux liquides les plus précis ou du plasma le plus brillant, ne remplacera le formidable plaisir de tenir entre ses mains un livre, d’ainsi en conjuguer la sensation tactile avec chaque centimètre carré de pulpe d’épinette ou de cyprès ayant servi à sa fabrication. Rien d’ailleurs ne se substitue à l’acte de faire l’amour au livre avec celui des hémisphères de votre cerveau qui est le gauche.

Les poésies complètes d’Émile Nelligan, regroupées sous une rigide couverture à facture ancienne, deviennent un objet de fantasme. En témoigne votre pouce, qui laisse son empreinte sur toutes les surfaces que vous lui faites rencontrer, après avoir été apposé sur une zone sensible de la couverture, qui ne laissait pas deviner qu’elle puisse s’avérer être couverte d’une encre tachante. La reliure, supportée par une bande de tissu, est une denrée rare et un vestige affirmé du métier de relieur, dont le nombre d’artisans est en déclin. Je souhaite à tous d’avoir l’opportunité de tenir entre leurs mains un ouvrage semblable afin qu’ils puissent en réaliser l’inestimable valeur, ainsi que l’impressionnante quantité d’énergie qui aura été nécessaire pour le mettre au monde.

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Cinq griffes

Thursday, January 25th, 2007

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Théière Dragon à cinq griffes

Il était à l’origine un crime très grave de représenter graphiquement un dragon à cinq griffes si ce n’était pour l’usage strictement réservé à l’empereur. En gros, on vous tranchait la tête. Brrr…

Du sable dans l’engrenage

Thursday, January 25th, 2007

Les mordus de l’environnement n’ignorent pas ce qui est en train de se passer en Alberta. Les moins mordus en entendent parler de toute façon ces jours-ci. Résumé rapide : le gouvernement canadien a conclu des ententes avec les américains pour céder les droits d’exploitation du pétrole. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’oléoduc (pipeline) qui sera utilisé pour faire parvenir le pétrole extrait de ses sables bitumineux aux états-unis a été mis en place déjà. Ça s’est passé sans trop de publicité, direz-vous.

N’a pas été ébruité non plus, le fait que l’eau potable utilisée dans le processus de séparation pétrole/sable, par la suite inutilisable parcequ’empoisonnée, est amassée dans des bassins prévus à cet effet. La surface de ces “réservoirs” est en ce moment équivalente à celle du Lac Memphré-Magog, et un système de canons tirant à intervalle régulière a été installé afin d’effrayer les animaux qui auraient l’intention de s’y abreuvoir.

Ça mérite des applaudissements, avouez-le. Attendez, il y a plus. Le processus d’extraction, encore une fois, demande une quantité d’énergie considérable. De quelle source provient-elle, cette énergie ? Je vous le donne en mille : le gaz naturel. Sont également à l’étude pour récupérer un carburant FOSSILE, des sources d’énergie comme le CHARBON et le NUCLÉAIRE. Bien que ce texte pourrait laisser croire le contraire, je suis sans mot.

Pour ceux qui auraient manqué la diffusion du reportage Du sable dans l’engrenage de Guy Gendron et Jean-Luc Paquette vendredi dernier, prenez note qu’il est disponible pour visionnement sur le site de Radio-Canada. Voir également en complément l’article “Un cauchemar écologique“.

On apprend aujourd’hui que le bureau du premier ministre a déposé une plainte envers la direction de Radio-Canada concernant ce documentaire. Amusant, parceque selon les dires de Gendron, son équipe a tenté à maintes reprises d’obtenir des entrevues avec les députés conservateurs pendant le tournage, elle a même insisté pour leur faire visionner le produit fini avant sa diffusion, mais n’a essuyé que des refus.